Après l’ambition et la fortune, l’amour

Assise dans le salon, les mains sagement croisées sur ses genoux, la jeune fille soupira. Le regard perdu par la fenêtre, elle ne prêtait pas réellement attention au paysage. La grande demeure était calme, trop calme. Depuis que la rumeur de la faillite paternelle s’était avérée, ils ne recevaient plus guère de visiteurs. Ses amies étaient trop accaparées par leurs diverses activités pour venir la voir ou même la convier à prendre le thé. Ses connaissances la fuyaient pire encore et c’en était fini du flot ininterrompu de soupirants. Dans ces conditions, elle s’était réjouie lorsque ses deux sœurs aînées s’étaient fait annoncer pour le début de l’après-midi. Continuer la lecture de « Après l’ambition et la fortune, l’amour &rquo;

La cachette

La maison était calme et silencieuse, en ce bel après-midi d’été. Après le déjeuner, Hector Gadelle était retourné vaquer aux champs, en compagnie de ses deux fils. À cette heure, seul Thomas trottinait sur ses talons. Le petit Bertrand s’était fait un nid dans les herbes hautes où il s’était endormi pour sa sieste. À l’intérieur de la demeure, la chaleur était étouffante. Puisque ouvrir porte et fenêtres n’y avait rien fait, Claire s’était installée avec son ouvrage à l’ombre du grand chêne où elle pouvait profiter d’une brise rafraîchissante. Elle y discutait paisiblement avec Victoria. Près d’elles, Désirée dormait dans un panier, suçant son pouce en rêvant du sein maternel. Continuer la lecture de « La cachette &rquo;

La fuite

La tempête faisait rage. Le ciel plombé, aux alentours de midi, s’était obscurci. La nuit était tombée, volant à ce jour de fin novembre de courtes heures de luminosité. De violentes rafales de vent transperçaient le vieux manteau élimé de Marie. La pluie glaciale giflait son visage, s’infiltrait sous ses vêtements, coulant en rigoles le long de son dos. Elle était transie, épuisée. Continuer la lecture de « La fuite &rquo;

La voix de la Déesse

Elle courait. Éperdue, aveuglée par ses larmes, elle courait. Ces arbres qui avaient tout vu, tout entendu, n’étaient plus que des obstacles, témoins de sa déchéance. Elle courait. Elle fuyait.

À ce moment même, là-bas, près du mausolée de la famille ducale, se tenait la cérémonie mortuaire en l’honneur de l’héritier. Elle n’y avait pas été conviée. Pire, elle avait reçu l’interdiction formelle de s’y présenter. Louis de Balec n’était plus. Son monde à elle s’effondrait. Elle courait. Continuer la lecture de « La voix de la Déesse &rquo;