Âpre-Roc de Fabrice Chauliac

Âpre-Roc de Fabrice Chauliac

Ce dont je faisais mystérieusement mention au début de mon précédent article est toujours d’actualité. Néanmoins, puisque j’ai des engagements, je m’efforcerai de faire comme si ce n’était pas le cas le temps de rédiger ce texte. Car, en service presse, je viens de lire Âpre-Roc de Fabrice Chauliac et en remerciant l’auteur et la maison d’éditions Voy’el de leur confiance, je vous en parle.

Âpre-Roc de Fabrice Chauliac
Synopsis

L’Inquisition a expurgé le Mal des consciences et chassé à tout jamais les créatures des temps anciens. Tandis que le Culte régit les corps et les âmes, des chasseurs de primes se chargent des basses besognes pour éliminer les êtres impurs qui auraient pu échapper à cette extermination.


Dans son petit village d’Âpre-Roc perdu dans les Causses, Naïs mène une existence insipide sous la férule de son directeur de conscience.


Une amitié inattendue et l’exhumation d’un secret vont dévier à tout jamais le cours de sa vie. Elle réalisera alors que pour son monde, il n’est de plus grand péril qu’une femme instruite.

Mon avis

À première vue, Âpre-Roc de Fabrice Chauliac c’est du réchauffé. Cette première impression n’est pas fausse. Une société très stricte, dominée par un culte rigide où la femme n’a plus aucun droit, aucune valeur, est tenue dans l’ignorance et réduite à un rôle domestique et au sein de laquelle l’une d’entre elles se rebelle contre son destin, c’est du déjà-vu. Et alors? Ce genre de considération n’a jamais empêché quiconque d’écrire et, avouons-le, dans certains cas, et ceci en est un, le contraire eut été dommage.

Âpre-Roc de Fabrice Chauliac se dévoile petit à petit au fil de la lecture. Au-delà de Naïs, poussée par les circonstances à sortir du chemin tracé pour elle, ce livre aborde les thèmes de la diversité, du racisme et des conséquences liées au fanatisme. La notion du bien et du mal en perd de sa limpidité pour se teinter de gris. Comment pourrait-il en être autrement quand un personnage censé représenter le bien est mauvais et que le pire des démons est source de connaissances et somme toute, pas si maléfique? Soyons honnêtes, j’effleure ici le sujet. Si je le détaillais, ces notions donneraient une apparence lourde et aride à ce livre, alors que ce n’est pas le cas. Mélangé à l’histoire de Naîs, elles sont si bien intégrées qu’on se laisse emporter par le récit.

La plume de l’auteur n’y est peut-être pas pour rien. Simple, efficace et teintée d’une touche de poésie, l’écriture de Fabrice Chauliac est agréable à lire. Il y manquait peut-être ce petit côté addictif qui nous garde accrochés et nous tient en haleine, mais… Ce n’est à préciser que parce qu’après tant de fleurs, il faut bien mettre quelques petits bémols.

Quant aux personnages, ils balancent entre le cliché et l’originalité. Le diacre, entre autres, est un gros archétype bien usé, qui joue son rôle à la perfection, cela dit. Naîs pour sa part est plus subtile, trouvant un juste équilibre. Quoi qu’il en soit, ils sont tous bien conçus, bien pensés et apportent leur complexité et leur richesse à Âpre-Roc de Fabrice Chauliac. Ce n’est pas parfait, il n’y a guère de surprises ou de personnage inoubliable, mais ils se révèlent attachants. Ce qui en soi n’est pas si mal.

En résumé, avec Âpre-Roc de Fabrice Chauliac, la subjectivité l’emportera, tout est affaire de goût. À mon sens, c’est un très bon livre qui explore un sujet et des thèmes peu faciles à aborder de manière originale et divertissante. Il n’y parvient peut-être pas à la perfection, néanmoins c’est satisfaisant et agréable à lire. Si c’est votre genre, si le synopsis vous a tenté, n’hésitez pas. Vous pourriez passer un très bon moment à le découvrir.


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