Paul Manacœur de Bertrand Le Chatain

Paul Manacœur de Bertrand Le Chatain

Une fois de plus, j’opterai pour une introduction très simple. Que raconter sinon quelque chose qui reviendrait vite à ce que l’on entend partout, sur les médias et les réseaux sociaux! J’en viens donc à l’essentiel pour cet article, en service presse, je viens de terminer Paul Manacœur de Bertrand Le Chatain. Avant de vous en parler, je remercie l’auteur pour sa confiance.

Paul Manacœur de Bertrand Le Chatain
Synopsis :

Juliette est très proche de son grand-père, un homme au parcours politique impressionnant. Après la mort de sa mère, alors qu’elle était très jeune, il a pris une grande place dans sa vie. Ce n’est pas facile d’apprendre qu’il a fait un malaise, qu’il est à l’hôpital. Dans un moment de lucidité, il lui murmure deux mots. Qui était cette Julie et quelle place avait-elle tenue dans la vie de Paul Manacœur? Les recherches de Juliette la mèneront jusqu’à une lettre écrite de la main de son grand-père à son intention où il lui racontera l’époque où, jeune fonctionnaire ambitieux, il entrait au service du Premier ministre, Georges Pompidou.

Mon avis :

Je suis une férue d’histoire. Bien que je ne l’étudie plus depuis très longtemps, ça m’intéresse toujours. L’histoire récente n’en est pas moins de l’histoire. Dans la description de Paul Manacœur de Bertrand Le Chatain, deux choses m’avaient intriguée. L’intrigue amoureuse et j’étais curieuse de voir comment l’auteur allait nous la dépeindre cette époque, s’il saurait nous la rendre accessible, nous y plonger.

Malheureusement, la réponse à cette seconde question fut pour moi non. La raison tient en trois mots, je suis québécoise. Car autant le dire tout de suite, je lève mon chapeau à l’auteur, il y a une réelle recherche derrière ce livre. Il est évident que le contexte historique est travaillé, poussé. C’est une fiction qui s’ancre fermement dans la réalité. Alors où est le problème? N’étant pas française, je n’avais pas les références culturelles nécessaires pour bien suivre le récit et en noter toutes les subtilités. Par exemple, et le plus grand flagrant, il est fait mention du Quai d’Orsay. On en parle, on en reparle, puis Juliette apprend que son grand-père avait fait un voyage au Japon et que Julie travaillait au Quai d’Orsay. Alors elle se dit que les pièces du puzzle se mettent en place et moi je me dis qu’elle a bien de la chance, parce que je ne comprends rien du tout. Après avoir vu mentionner ce fameux Quai d’Orsay 2 ou 3 fois de plus, j’en ai eu assez et je suis allée faire une recherche sur internet. AH! C’est tout de suite devenu beaucoup plus clair.

Comme j’ai dit c’était le plus flagrant. Il y en avait plusieurs autres, dont peut-être certaines que je n’ai même pas relevées. Je ne crois pas, je sais, être passé à côté de beaucoup de choses dans ce livre et je trouve cela dommage. D’un autre côté, c’est la lettre d’un grand-père à sa petite-fille. Si on regarde ça d’un point de vue réaliste, il ne va pas non plus commencer à lui expliquer des lieux communs pour eux! Autrement dit, c’est une faiblesse pour faire franchir à ce livre les frontières de l’Hexagone, mais c’est logique et cohérent. Ce qui nous en fait un point plus mitigé que purement négatif.

L’histoire d’amour entre Paul et Julie finit par prendre toute la place, mais il faut du temps pour commencer à en parler et elle reste un long moment en filigrane. Intellectuellement parlant, je comprends que Juliette ait pu être émue par la lecture de récit de son grand-père. Par contre, moi, il ne me touchait pas vraiment. C’est une histoire dramatique qui aurait pourtant eu tout pour ça. Sauf que… Le problème décrit plus haut me rattrape. Difficile de s’identifier à un personnage dans ces circonstances ou de vraiment s’y attacher. Quand on lit un livre, on est toujours, en quelque sorte, spectateur de ce qui s’y déroule, même lorsqu’on se fait piéger par l’intrigue. Mais là, puisque c’est Paul qui se raconte dans un écrit, il y a une certaine distance supplémentaire qui s’installe et qui m’a empêchée de ressentir les émotions que cette romance aurait dû m’inspirer. Encore une fois, dommage… J’ai vraiment trop l’impression d’être passé à côté de quelque chose et de ne rien pouvoir y faire.

En ce qui concerne la plume de l’auteur, j’ai de nouveau un point « mitigé ». Il écrit bien. C’est son premier roman et j’ai senti qu’il y avait beaucoup de potentiel, ce sera intéressant de découvrir de prochains livres. Par contre, j’ai trouvé le style un peu ampoulé et vieillot. En soi, ce n’était pas si mal. Ça cadrait bien avec l’ambiance de l’époque et la personnalité de Paul Manacœur, à mon avis. Ça enrichissait le contexte. L’ennui, c’est qu’entre ça et mes problèmes de références, ça me donnait une lecture un peu aride. Je me serais presque cru en train de lire une biographie plutôt qu’une œuvre de fiction.

En résumé, Paul Manacœur de Bertrand Le Chatain est une agréable œuvre de fiction qui vous plongera dans la France des années 60 et dans ses couloirs politiques. Hélas, si pour les Français ce peut être une merveilleuse découverte, je la recommande moins pour un lectorat étranger qui pourrait être un peu perdu.

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