Le Couteau du partage

Au moment de choisir un livre, certains critères entrent en jeu et créent des attentes. Déjà, il y a le titre et la page couverture. Si l’un n’est pas accrocheur et l’autre très moche, la qualité du texte deviendra suspecte. Peu importe l’adage disant de ne pas juger un livre à sa couverture, encore faut-il aller assez loin pour avoir un jugement à porter. Ensuite, il y a l’auteur. Le connaît-on? Si oui, on escomptera un certain style d’histoire et d’écriture. Pour finir, il y a le résumé, voire un extrait dudit livre. Il donnera un aperçu renforçant nos attentes. L’ensemble servira de jauge à notre satisfaction. Un roman envisagé comme moyen, mais se révélant très bon nous semblera encore meilleur. Alors qu’un autre qu’on pensait excellent, mais qui serait juste bon sera une grande déception. Cela étant dit, qu’en est-il de la série : Le Couteau du partage, écrit par Lois Mcmaster Bujold?

Synopsis tome 1 : Ensorcellement

Un moment de folie, influencé par l’alcool lors d’une fête de mariage, et tout bascule. Faon porte l’enfant d’un garçon qui ne veut pas d’elle. Pis, il est prêt à la calomnier pour ne pas avoir à assumer de responsabilité. Désespérée, elle fuit la ferme familiale. Son plan est de se rendre à la ville de Forgeverre pour y chercher du travail et élever son enfant dans l’anonymat, se faisant passer pour veuve. En route, elle croise une patrouille de Marcheurs du lac. On les dit guerriers et nécromanciens, parfois même cannibales. Ils prétendent tuer les spectres, mais certains doutent que de telles créatures existent. Une seule chose est certaine, il vaut mieux ne pas se jouer d’eux. Faon se voit confronté à la réalité de manière assez brutale. Enlevée par un homme-vase pour être conduite à son maître, un être malfaisant, un spectre, elle est secourue par Dag Aile Rouge Hickory Oléana. Toutefois, lors de la confrontation, un imprévue se passe et elle lie son destin à celui du patrouilleur via un couteau du partage.

Synopsis tome 2 : Héritage

Les Marcheurs du lac n’épousent pas les fermiers, jamais. Pourtant, Dag et Faon l’ont fait, deux fois, suivant leurs coutumes réciproques. Les préjugés sont tenaces. Une telle union n’aurait pas dû être possible. Est-elle seulement valide? Au camp du lac Hickory, la plus forte opposition vient de la famille même de Dag, son frère Dar et leur mère. Ils veulent à tout prix rompre ce mariage et renvoyer la fermière chez elle. Mais avant qu’ils puissent agir, un être malfaisant puissant fait son apparition et les patrouilleurs du lac Hickory sont appelés en renfort.

Synopsis tome 3 : Passage

À Verte-Source, Dag a eu une révélation. Les Marcheurs du lac sont trop peu nombreux. Les villes et villages des fermiers sont de plus en plus peuplés. Et il n’y a pas de communication entre les deux. Ignorants, les fermiers sont sans défense face aux êtres malfaisants. Pis, ils leur fournissent un environnement trop riche où apparaître. Puisque Dar demande au conseil de statuer sur une falsification des bracelets de son mariage avec Faon, Dag en profite, il s’en va. Il veut offrir un voyage de noce à sa jeune épouse et trouver une réponse importante pour l’avenir. Comment les Marcheurs du lac et les fermiers peuvent-ils collaborer pour leur bien commun? Sur un chaland appartenant à une jeune femme à la recherche de son père disparu, en compagnie de Brin, le frère de Faon, ils se lancent dans une aventure très loin de ce que Dag avait imaginé.

Synopsis tome 4 : Horizon

Dag se pose des questions et il s’effraie lui-même. Ses nouvelles capacités lui rappellent tant les êtres malfaisants. Est-il en train de se transformer en quelque chose de mauvais? Sur ce point, il trouve sa réponse au camp de la Nouvelle Lune. Il y devient l’apprenti d’un maître-guérisseur. Mais encore là, tout n’est pas si simple. Il refuse de rejeter Faon ou de se détourner des fermiers comme le font si facilement les Marcheurs du lac. Son inclinaison lui cause des soucis et finalement, il reprend la route vers le nord, amenant son maître dans ses bagages. Et si les dangers sur la route ouvraient une voie à une future collaboration entre les peuples?

 

Je savais qu’il y avait une histoire entre Dag et Faon. Nul besoin d’une grande clairvoyance, il est fait mention de leur mariage dans le résumé du tome 2. Cependant, entre le titre et l’extrait que j’avais lu, je m’imaginais que les circonstances de la mort du premier être malfaisant les entraîneraient dans une grande aventure tournant autour de ce fameux couteau du partage particulier. En cela, j’avais tout faux. Ce n’est qu’un outil, comme un autre, un parmi tant d’autres, sacré et précieux, mais un banal outil et défectueux qui plus est! Il est même détruit à la moitié de la série. Plutôt décevant, non? Peut-être pas! En laissant tomber mes attentes et mes a priori, j’ai pu découvrir une histoire amusante et captivante. Une histoire où il est question de se découvrir soi-même et les autres, de s’entendre malgré les différences, de ne pas s’enliser dans le passé, mais d’avancer vers un avenir que l’on construit par ses choix et ses efforts afin qu’il soit meilleur. Le monde est ce que l’on en fait et Dag et Faon nous amènent à en apprécier les diverses surprises.

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