L’Appel de l’Ancien Monde, tome 1 : La chute de l’ange écrit par Marie Mancassola

L’Appel de l’Ancien Monde, tome 1 : La chute de l’ange

Comme déjà annoncé, entre deux lectures de mon énorme intégrale, je continue les services presse. Cette fois-ci, il s’agit de L’Appel de l’Ancien Monde, tome 1 : La chute de l’ange écrit par Marie Mancassola. Je remercie d’ailleurs l’auteur de sa confiance, avant de vous en parler!

L’Appel de l’Ancien Monde, tome 1 : La chute de l’ange
Synopsis :

Un bon millier d’années plus tôt, tous les adultes avaient disparu de la surface de Solaria. Les enfants abandonnés avaient dû se débrouiller seuls et refaire leur vie, oubliant ce qu’avait été ce monde. Parmi eux, deux se démarquaient, Diane et Nathaniel. L’une était une Mirage, usant de magie. L’autre était un Guerrier, habile avec son épée. Ils n’avaient pas la même vision des choses. Ils s’opposaient. Diane fonda les Gardiens de la Paix et Nathaniel les Guerriers de l’Ombre. Et depuis leur origine, les deux groupes s’affrontent, se mènent une guerre éternelle. Sara est née dans ce monde. Fille d’une guerrière de l’Ombre et d’un gardien de la Paix, est l’enfant de la prophétie, l’Élue. Celle qui doit ramener la paix et faire revenir l’Ancien Monde. Mais tout n’est pas écrit et de ses choix découleront l’avenir de son peuple.

Mon avis :

Lorsque j’étais en secondaire 5, celle qui nous enseignait le français était la professeure la plus redoutée de l’établissement tellement elle était sévère. Un jour, elle me remit un devoir que je n’oublierai jamais, tant j’ai eu honte. J’avais à peine réussi à obtenir la note de passage. Ce n’était pas drôle en soi, mais la cause de ma honte venait de la raison pour laquelle j’en avais obtenu une aussi basse. Le premier 50% de cette note était pour la composition. Pour cette partie, la professeure m’avait accordé une des meilleures notes, voire la meilleure, de toute sa carrière. La seconde moitié était sur l’orthographe, ça avait été un massacre, et je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. Par manque de temps, de motivation, de sérieux ou autres, je lui avais remis un premier jet. Je ne l’avais pas corrigé du tout. Pas très malin. Pourquoi est-ce que je vous raconte cela? Parce que la lecture de L’Appel de l’Ancien Monde, tome 1 : La chute de l’ange écrit par Marie Mancassola m’a rappelé cette anecdote. Je vous explique.

Le premier aperçu du livre m’a déçu. La dichotomie entre le bien et le mal n’est pas un concept nouveau, mais peut être renouvelée à l’infini. J’avais été curieuse de voir comment l’auteure l’avait traité. Je me retrouvais devant des personnages stéréotypés, le bien et le mal absolu, sans zone de nuance. Bref, décevant. J’ai tout de même continué à lire et j’ai changé d’avis.

Je me suis mise à percevoir la trame de l’histoire et je la découvrais complexe et riche, mais il y avait un problème. J’avais l’impression que Marie Mancassola n’avait pas fait une préparation suffisante en amont, qu’elle connaissait mal ses personnages et son univers. Que dans l’incapacité d’étoffer correctement sa trame, elle avait improvisé une peinture de camouflage pour le dissimuler. Cela aurait expliqué pourquoi elle n’arrivait pas à montrer ce qu’elle voulait exprimer, se voyait obliger de le dire et, du coup, de faire rentrer dans le cadre de force ce qui ne tenait pas la route. J’ai continué à lire… et j’ai encore une fois changé d’avis.

En fait, ce livre n’a qu’à un seul et unique problème déclinable en plusieurs points. Il n’est pas « terminé », il reste beaucoup de travail à faire dessus. C’est une première, mais pour une fois, j’aurais préféré être bêta-lectrice que critique. J’aurai aimé pouvoir lui montrer les points qui ne fonctionnaient et lui permettre de les corriger. Je ne parle même de « réécrire » l’histoire ou la chronologie, mais juste de prendre certains événements sur un autre angle en utilisant des éléments qu’elle a elle-même mis en place. Un exemple pourrait être bien, non?

Sara est devenue orpheline à l’âge de 10 ans. Ses deux parents ont été assassinés par les Guerrier de l’Ombre. Depuis, elle vit au Complexe où elle étudie pour devenir une gardienne de la Paix. Lorsqu’elle apprend que les Guerriers de l’Ombre sortent de l’ombre, elle décide qu’elle veut se venger. Elle va s’enfuir pour aller les tuer. À la sortie du Complexe, elle rencontre un garçon, un guerrier de l’Ombre, qui la connaît, mais dont elle ne souvient pas. Au lieu de partir, elle revient sur ses pas. Elle veut apprendre ce que les dirigeants des Gardiens de la Paix lui ont caché. Elle découvre qu’ils ont effacé ses souvenirs du garçon et lui ont dissimulé les visions que son père avait eues d’elle. Folle de rage, elle se met soudait à les haïr au point d’avoir envie de les tuer et s’enfuit de nouveau pour se joindre au Guerrier de l’Ombre. C’était excessif. Ce n’était pas crédible. Et c’était accompagné de petits textes explicatifs pour le forcer le tout néanmoins. Mais, était-ce nécessaire? Pour que l’histoire suive son cours, elle devait partir. C’est un fait. Nous savons qu’elle aimait son professeur comme un second père. Qu’elle se croyait assez forte pour affronter toute seule les Guerriers de l’Ombre. Qu’elle accepte mal ce qu’on lui a dissimulé. Qu’elle a un lien d’âme sœur avec Eran, le garçon qu’elle rencontre. Et on apprend plus tard qu’elle en a un autre avec Azaran qui pourrait l’influencer, même quand elle n’en a pas consciente. Dans son désir d’aller se battre, elle aurait pu faire des recherches pour voir si les Gardien de la Paix savaient où se cachait leur ennemi, tomber sur les secrets de son passé, s’enfuir de manière irréfléchie parce qu’elle était troublée, tomber sur Eran qui lui fait du chantage pour qu’elle le suive (ce qui est effectivement le cas dans le récit) et autant pour protéger tout le monde que parce qu’elle n’aurait pas eu toute sa tête, elle aurait laissé le piège se refermer sur elle. La différence est minime, mais le résultat en devient crédible.

C’est un exemple parmi d’autres et c’est dommage. Ça en est même triste. Quand on lit avec attention, on réalise que ce livre, avec un peu de travail, pourrait être excellent, au lieu d’être juste bon! Quand on met de côté les incohérences, les personnages sont attachants. Toutes les pistes sont là pour bien comprendre la psychologie de Sara, même si elles sont mal exploitées. L’enfant innocente et heureuse a été marquée par la mort de ses parents. Même si elle était aimée et entourée au Complexe, elle ressentait la méfiance à son égard. Et plus que tout autre, elle est déchirée entre le bien et le mal. Elle n’en reste pas moins une jeune fille de 17 ans, avec ses doutes, ses certitudes et sa faculté à faire des erreurs. On est loin du stéréotype que j’avais découvert dans un premier temps, n’est-ce pas?

En ce qui concerne la plume de l’auteure, elle est agréable à lire… ou du moins, pourrait l’être. On se retrouve encore avec le même problème. Certaines constructions de phrases étaient vraiment bizarres et pas faciles à comprendre. Il suffirait de travailler un peu le texte et ce serait régler.

En résumé, L’Appel de l’Ancien Monde, tome 1 : La chute de l’ange écrit par Marie Mancassola est un diamant brut. En dépit de tous ses défauts, j’ai pris plaisir à le lire. C’est-à-dire ce qui en aurait été si je n’avais pas eu l’impression d’avoir un premier jet entre les mains! Si j’avais un seul conseil à donner à l’auteure, ce serait de reprendre son texte, de le retravailler et de faire épanouir tout son potentiel. Toutefois, comme on dit : « Les conseils, c’est comme les mouchoirs usagés, personne n’en veut », alors en l’état, je peux dire qu’il s’agit d’une très intéressante introduction à un univers fascinant à découvrir.

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