Les Enfants de la Terre de Matt Dejouy

Les Enfants de la Terre de Matt Dejouy

Avant de retourner à mon énorme intégral de Raymond E. Feist, (Il n’y a pas à dire, c’était plutôt rentable comme achat!) je poursuis avec un autre service presse. Cette fois-ci, il s’agit de : Les Enfants de la Terre de Matt Dejouy, je remercie d’ailleurs l’auteure de sa confiance.

Oh paresse quand tu nous tiens… ou pas… Cette fois-ci encore, je ne ferai pas l’effort de rédiger un synopsis. Je vais me contenter de copier la présentation officielle. Hé non, malgré mon exclamation, il ne s’agit pas de fainéantise, enfin pas complètement. C’est juste que j’écrirais sensiblement la même chose avec peu de différences, alors à quoi bon… Cela étant, de quoi parle ce livre?

Les Enfants de la Terre de Matt Dejouy
Synopsis :

Parfois, le fardeau le plus lourd est la liberté…

Une île. Une Colonie.

Des dizaines d’esclaves creusent jour après jour. À la recherche de quoi ? Aucun d’eux ne le sait.

Et les corvées continuent. Chaque jour semblable au précédent.

Jusqu’au moment où un corps armé attaque la Colonie. Esclaves, maîtres, ils massacrent tout le monde, sans distinction. Tout le monde… sauf Keli. Caché par ses parents derrière les planches qui soutiennent le mur de leur taudis, il assiste à la destruction de son univers, et se retrouve seul.

Alors il erre, écrasé par le poids du deuil, et de celui, plus lourd encore, de la liberté.

Car après une vie de soumission sans appel il est devenu son propre maître. À qui faire confiance ? À lui seul, avec ses connaissances inexistantes du monde d’en haut ? À l’Enfant de la Terre titanesque que tous considèrent comme un monstre ? À ces pirates qui pillent les vestiges de son passé ?

Quand la vie s’effondre, les chemins qui surgissent sont parfois très étranges.

Mon avis :

Pour être honnête, mon opinion sur Les Enfants de la Terre de Matt Dejouy a légèrement changé au cours des 10 dernières minutes. Particulier, quand on songe que j’ai terminé le livre vendredi. Avant d’écrire cet article, pour m’éviter de dire des sottises, j’ai fait quelques recherches et c’est là que j’ai appris que ce que je prenais pour le premier tome d’une série était en fait un one-shot se déroulant dans le même univers qu’un autre livre déjà sorti. Oups… Hé là bien sûr, ça modifie légèrement ma perception. En bien? En mal?

Comme je le disais dans mon précédent article, une critique littéraire est quelque chose de très subjectif. Ça l’est d’autant plus quand il est question de la notion de coup de cœur. Il ne s’agit même pas parfois du livre, mais de l’état d’esprit et du moment auquel on le lit. Ce n’est qu’une question de ressenti. Pourquoi je raconte cela? Parce qu’avant ma récente découverte, qui me donne une petite piste, je n’aurais même pas su vous dire pourquoi Les Enfants de la Terre de Matt Dejouy n’était pas un coup de cœur! C’est un comble! Pas plus que je n’arrive à lui trouver de réels défauts. Oui, bon, d’accord… Mais encore?

L’histoire se déroule en vase plutôt clos. Dans le grand univers que peut être l’Olendra, on se retrouve sur une minuscule île isolée, un monde dans monde, dans un monde… Et de ce monde, Keli, par qui on le découvre principalement, ne savait pas grand-chose. À vivre sous terre et à ne sortir que quelques heures l’après-midi pour chercher des objets sur la plage, il ne savait même pas que le ciel s’assombrissait à la nuit tombée. Il était un esclave. Un enfant à qui on n’avait pas jugé bon d’apprendre quoique ce soit qui ne lui fut pas utile pour faire son travail. Et quand tout ce qu’il a toujours connu disparaît, l’apprentissage s’annonce plutôt rude.

Autant le dire, les termes abordés ne sont pas faciles. Il y est question d’esclavage, de racisme, de sexisme. De comment on peut en venir à l’accepter tacitement ou au contraire être prêt à tout pour s’en libérer. Du prix à payer pour la liberté et de la difficulté que cela peut-être de faire des choix. Ce livre aurait pu être très lourd, dense, indigeste, un véritable drame humain. Mais ce n’est pas le cas. Une réussite, un coup de force qui tient autant de l’écriture que de la conception des personnages.

Dire que les personnages dans Les Enfants de la Terre de Matt Dejouy sont complexes et attachants ne serait pas leur rendre justice. Ils sont davantage que cela. L’auteure nous permet d’explorer avec finesse leur psychologie. Les drames et les situations extrêmes prennent une tout autre dimension lorsqu’ils sont vus d’un regard neuf ou par quelqu’un pour qui c’est la norme. Enfin, quand c’est bien amené, ce qui est le cas ici. C’était entre autres troublant de voir Keli faire preuve d’une telle force pour rester dans son rôle d’esclave. Et à la fois touchant et amusant de le voir s’inquiéter que le soleil ait disparu à jamais. Il est courageux, innocent et égaré. Les autres, en général, sont également ainsi. Ils ont tous leur histoire qui leur a forgé une personnalité propre et à la découvrir, on les comprend.

Quant à l’écriture, la plume de Matt Dejouy est fluide et agréable à lire. Elle s’accompagne d’une petite pointe d’humour qui rend très difficile de s’y arracher une fois qu’on a commencé la lecture.

Ma seule déception serait que Les Enfants de la Terre de Matt Dejouy ne soit pas un premier tome. À mes yeux, s’était un livre plein de promesses qui laissait suggérer tout ce qu’il y avait encore à découvrir. Je me voyais bien retrouver l’équipage du capitaine Marth et regarder Keli s’épanouir alors que l’histoire s’enrichirait de l’exploration de cet univers de l’Olendra et de leurs aventures. Hé non… Là, je vais rester sur ma faim. Dommage.

En bref, Les Enfants de la Terre de Matt Dejouy a été pour moi une très belle découverte. C’est une histoire divertissante qui aborde des thèmes difficiles, nous permet d’y réfléchir, sans pour autant nous assommer ou nous plonger dans la déprime. Si vous souhaitez passer un bon moment, je vous le recommande fortement, vous ne le regretterez pas.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *