Bonne Année!

À cette date, il y a 3 ans, je perdais la vue. Je faisais comme si ce n’était pas le cas, je me cherchais des excuses. Bref, j’étais dans le déni. Cependant, à la fin de l’hiver, le verdict est tombé. J’avais des cataractes sous-capsulaires, aussi appelé cataracte de jeune. J’ai beaucoup pleuré dans les mois qui ont suivi. Pour une auteure dont le passe-temps préféré est la lecture, c’est un cauchemar. J’ai été opéré aux 2 yeux à la fin de cet été-là. Je savais qu’il faudrait que j’attende 3 mois avant de passer un examen de la vue, puis me procurer des lunettes pour me permettre de voir de près et à moyenne distance. Mais après cela, la vie reviendrait à la normale, non! Non?! Non!

Quelle naïveté. En fait, il faut plutôt compter une année pour une guérison complète. Je souffrais d’une importante sécheresse oculaire, qui n’est toujours pas sous contrôle, et surtout, d’une très grande sensibilité à la lumière. Pour faire simple, je ne pouvais pas rester 15 minutes devant mon ordinateur sans avoir très mal aux yeux. Ça faisait 1 an que je ne travaillais plus ou peu sur mon livre… et je ne le pouvais toujours pas. L’an dernier, je m’étais donné comme résolution du jour de l’an de me remettre à écrire tous les jours. Et je m’y suis tenue, même si parfois c’était plus symbolique qu’autre chose. Ce n’était pas si simple de me motiver pour surmonter la peur de la douleur, l’inconfort toujours présent et les routines qui s’étaient établis au cours des 2 ans à ne pouvoir rien faire. J’y suis tout de même parvenu et d’ailleurs, j’ai terminé un chapitre juste avant Noël.

Ma résolution de cette année? Trouver des trucs, des astuces, des coups de pied au derrière, pour passer plus de temps à écrire et faire avancer mon tome 3. Je veux croire que je vais y arriver et que l’an prochain, j’aurai de meilleures nouvelles à vous annoncer. En attendant, pour vous remercier de votre patience, je vous offre un petit extrait du dernier chapitre que j’ai écrit. (Non corrigé)

Bonne année à tous!

Extrait :

« Le souffle froid de la nuit m’aida à retrouver mes esprits. Je le respirai à plein poumon en m’éloignant de cet endroit. Que s’était-il passé?! Comment d’une dispute à une conversation courtoise étions-nous arrivés à… ça? Je ressassais notre rencontre. Sa voix. Son sourire. La lueur du feu dans l’azur de ses yeux. Son corps si près du mien. Son parfum. Ses bras qui m’enlaçaient. Ses caresses. Ses baisers brûlants… Ses quoi?

Je m’arrêtai et fis volte-face. Plus loin dans la rue, penchées les unes sur les autres, Amélia, Vivianne et Aldéanne papotaient en riant. Elles spéculaient, recréaient et se racontaient mon entretien avec le prince, indifférentes aux alentours et à de potentielles menaces. Se rappelaient-elles seulement ce qui avait justifié qu’elles m’accompagnèrent? Loin d’assurer ma protection, elles se reposaient sur moi pour la leur. Elles m’agaçaient! D’autant que les images issues de leur imagination déplacée se mêlaient à mes réflexions.

– Ça suffit! Je suis là! Si vous tenez tant à savoir, demandez-moi!

Ma sœur haussa les épaules.

– À quoi bon? Si je le faisais, tu nous répondrais qu’il a accepté de nous aider, ou une platitude du même acabit. C’est l’évidence même! Il n’y a pas eu de hurlements. Vous ne vous êtes pas battus. Rien n’a été fracassé contre un mur. Tu ne l’as pas été défenestré, ni expulsé en vol plané dans le couloir. Ç’aurait été divertissant, par ailleurs… Enfin, passons… Si tu n’avais pas obtenu gain de cause, tu en aurais été furieuse et tu te serais âprement reproché de t’être illusionnée sur son compte. Puisque tu ne nous as pas fait tout un mélodrame, la déduction s’impose et les détails peuvent attendre. Non, ce qui est vraiment intéressant c’est la raison pour laquelle tu étais aussi rouge. Et ça, tu ne nous le diras jamais. Si je te posais la question, tu éluderais et tenterais de changer de sujet. J’insisterais, tu te renfrognerais, te draperais dans ta dignité et dans un mutisme obstiné, avant de tourner les talons et de presser le pas pour rentrer. Il ne nous resterait plus qu’à tenter de deviner ce que tu nous caches. Dans ma grande bonté d’âme, je nous ai fait sauver du temps et ai commencé par cela plutôt que de t’importuner. Ne me remercie pas.

Elle conclut son plaidoyer d’un large sourire ingénu, qui me donna envie de… de… Je serrai les mâchoires, me détournai et m’en allai… à pas pressés, drapée dans ma dignité. Elle aurait mérité de se faire tirer l’oreille! Je l’aurais fait, si ça n’avait été avouer qu’elle avait raison. Mes actes étaient déjà bien trop parlants.  Oh et puis zut! Un petit cri de douleur amusé retenti derrière moi. »


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Saisissez votre adresse e-mail afin d’être informé de la parution de chaque nouvel article!



Suivez-moi sur les réseaux sociaux


Catégories



← Back

Your message has been sent