Un extrait du chapitre 18 du tome 2 du cœur de l’Oealys

Bonne nouvelle! Le chapitre 18 de la nouvelle reine est enfin terminé! Que dire… Sinon que c’est encore un chapitre qui aura été plus long à écrire que je ne l’aurais souhaité. Par contre, en particulier avec celui-ci, j’ai pu remarquer que certains passages où j’ai eu le plus de difficulté sont parmi ceux dont je suis le plus fière. Bon… Lorsque je viens de passer deux jours à m’arracher les cheveux sur un paragraphe avant d’en arriver à ce que je voulais, je ne vais pas me plaindre d’être satisfaite du résultat. Toutefois… à ce rythme… Je risque d’être chauve le jour de la sortie du tome 2 du cœur de l’Oealys…

Trêve de plaisanteries, il ne me reste que 7 chapitres à écrire. Pour fêter ça, je vous offre un petit extrait du 18e.

 

Extrait de la nouvelle reine, chapitre 18

Ce soir-là, nous fîmes halte un peu plus tôt pour mettre à l’épreuve mon plan. Après le repas, les épées furent distribuées. Les heureux élus démontrèrent leur talent, ou son absence, avec un enthousiasme débridé. Le spectacle était affligeant. Je ne l’aurais pas admis à voix haute, Paul en faisait partie, mais je n’étais pas la seule à le penser. Le visage du forgeron accusait son désarroi.

– Lorsque vous m’avez demandé des armes, je pensais que vous aviez des hommes sachant les manier! Je suis surpris qu’aucun d’entre eux n’ait perdu de membres!

Et pour cause! Je déviais ou bloquais les lames dont les mouvements étaient les plus périlleux. Selon mes estimations, j’avais sauvé une main, quelques doigts, un pied et même un cou, et je me tenais prête à agir au cas où ma prévention échouerait.

– Pourriez-vous le leur enseigner?

– À se battre? Bien sûr! À le faire assez bien pour se mesurer à des soldats? Ce n’est pas certain. En quelques jours? Pas même si ma vie en dépendait!

Ce qui pourrait être le cas, d’après ce qu’il avait appris…

– À les tenir de manière à faire illusion.

– À quoi bon? Dès la première passe, elle s’effondra!

– Ce n’est pas important. Le but de la manœuvre est de créer une diversion. Ils ne sont pas censés se battre. Si je devais être débordée, leur rôle sera de ralentir les attaquants, de les faire hésiter par leur simple présence et de me permettre ainsi d’agir. Croyez-vous cela possible?

– Vous?

D’accord, je n’étais pas sans défense. Il avait entendu les histoires. Il était assez malin pour les savoir tirées de faits réels et exagérées à souhait. Quoi qu’il en fût, je ne pouvais certes pas sous-entendre affronter seule l’ensemble des forces armées du royaume! Avais-je perdu la tête? Je me posais également la question…

– Voyez-vous d’autres armes que les vôtres dans les parages? Nous nous sommes débrouillés sans. Ne me sous-estimez pas.

Il haussa les épaules, soupira et grommela.

– Il va y avoir du travail…

À grand pas, il se dirigea vers nos escrimeurs en herbe. Il donna de la voix et fit cesser leurs gesticulations. Ce fut à mon tour de pousser un soupir, de délivrance. J’étais fatiguée et j’avais mal à la tête. Entre la pensée et l’action, le délai était court. Tôt ou tard, il aurait fini par l’être trop… Ciroteau leur remit les pieds sur terre. Il ne suffisait pas de savoir par quel bout tenir une épée et l’agiter dans tous les sens. S’ils voulaient se rendre utiles et éviter de s’embrocher les uns les autres, ils allaient devoir apprendre. Désormais, il y aurait un entraînement chaque jour après le dîner.

L’étau s’était relâché. Notre stratagème improvisé avait été efficace. Les soldats avaient perdu notre trace. Ce n’était guère étonnant. Trop souvent, nous ignorions nous-même où nous étions. Ils s’étaient dispersés pour couvrir plus de terrain et le jeu du chat et de la souris avait repris à son niveau initial. J’en étais soulagée. Comme quoi, il suffisait parfois d’affronter pire pour être heureux de retrouver ce que l’on avait.

Je n’étais pas naïve. Enfin… pas entièrement. Entre deux destinations, nos trajets erratiques et aléatoires nous offraient un répit. C’était… étrange. Ils m’avaient mise au pied du mur. De toutes évidences, ils savaient pertinemment où nous allions. Pourquoi n’avaient-ils pas poussé leur avantage? Pourquoi n’avaient-ils pas concerté leurs actions en ces seuls points? Ils auraient pu me piéger ou me forcer à abandonner. Je n’étais pas toute-puissante. Je manquais d’expérience et je n’avais pas suffisamment exploré les limites de mes capacités. S’ils s’étaient unis, ils m’auraient vaincue. Ce constat m’effrayait.

Pour l’heure, les soldats étaient entravés par leurs ordres. Ils ne devaient pas entrer dans les villes ou les villages, les encercler ou se poster à proximité. En d’autres termes, il leur était interdit d’empiéter sur le terrain de jeux privé des inquisiteurs. Ils devaient m’appréhender sur les routes, loin des regards. Pourquoi? Était-ce une stratégie? Avais-je été mésestimée? Ou était-ce un subterfuge afin de minimiser toute cette histoire aux yeux de la population, voire de la ridiculiser? J’accepterais volontiers d’être l’objet de risées, si cela devait préserver Grimstone et le Sanctuaire.

J’avais des questions, peu de réponses et la conscience aiguë que mon absence s’était prolongée. J’étais impatiente de rentrer. J’avais besoin d’un endroit où nous réfugier, de portes derrières lesquelles me reposer. De nombreux problèmes m’attendaient, je n’en doutais pas et je m’en moquais. En comparaison de ce voyage, ils seraient agréables à aborder. Je changerais peut-être d’avis le moment venu…

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