Extrait du chapitre 19 du tome 2 du cœur de l’Oealys

Vacances, visites, contretemps divers et variés, je commençais à croire que je ne viendrais jamais à bout du chapitre 19! Ce n’est pourtant pas faute de m’y être efforcée. C’est fou le nombre de corrections que j’ai dû faire parce que je m’étais obstinée à tenter d’écrire alors que je n’étais pas bien. Mais enfin, je l’ai terminé!

Ceci dit, outre la difficulté que j’ai eu à l’écrire pour des raisons indépendantes de ma volonté, ce chapitre a une autre particularité. C’est le dernier dont je vous donne un extrait. Pourquoi? Parce qu’il y a 25 chapitres de prévus dans le tome 2 du cœur de l’Oealys et que je ne vais pas tout vous dévoiler, si?

Ne vous inquiétez pas, pour ceux qui l’attendent si ardemment, je continuerai tout de même à donner des nouvelles de l’avancée de cette suite.

 

Extrait du chapitre 19 du tome 2 du cœur de l’Oealys

Deux jours plus tard, j’étais assise à mon bureau à contempler une énigme entremêlée de susceptibilités et d’affectivités. À qui devais-je donner gain de cause? Au père dont l’unique but dans la vie était de léguer son savoir à son fils ou au fils qui préférait emprunter une autre voie? À la mère agenouillée devant moi me suppliant de ne pas gâcher la vie de sa fille ou à la fille rêvant d’apprendre un métier? Si j’accordais ceci à celui-ci, celui-là protesterait, à moins d’obtenir l’équivalent. Pour chaque jeune fille se détournant des devoirs usuels à son sexe, la virulence d’un groupe de femmes augmentait. Je cautionnais un scandale! Je me pris la tête entre les mains.

Ma mère entra discrètement. Elle posa un plateau près de moi et pointa un nom sur la liste.

– Celle-ci me fait penser à un oisillon jeté en bas du nid qui volette dans tous les sens et tente de rejoindre le soleil.

Elle me servit une tasse de thé. Je l’acceptai avec gratitude et m’adossai à ma chaise.

– Dois-je lui couper les ailes pour autant?

– Puis-je te faire une suggestion?

Je pouffai de rire, amer. Elle éluda lapalissade d’un geste impatient.

– Me proposerais-tu de gagner du temps?

– Plus ou moins. Leur accorder ce qu’ils ne désirent pas vraiment ne serait bon pour personne. Tout est allé trop vite… Il y a une semaine, les plus pessimistes s’inquiétaient de savoir ce que nous ferions si tu ne revenais pas et de ton côté, vous aviez d’autres sujets de préoccupations. Laissons la poussière retomber, les esprits se calmer. La précipitation des uns a fait se braquer les autres. Occupe-les. Offre-leur le délai salutaire de méditer à ce dont ils aspirent en vérité.

– Avec un appât…

Elle haussa les épaules.

– Dans notre famille, savoir lire et écrire est une richesse inestimable. De génération en génération, de mère en fille, nous nous sommes fait un devoir de la transmettre à nos enfants. Ce n’est pas monnaie courante. La plupart ici n’en ont jamais eu la possibilité. Ils en sauront heureux.

– Qui s’en chargerait? As-tu des idées?

– Kalène Morbier. Elle a reçu une excellente éducation et elle a une patience incomparable. Je l’assisterai. Et Amélia pourrait initier les enfants.

Un peu de distraction lui ferait du bien… Je grimaçai.

– Je t’interdis de faire cela.

– Elle a besoin de moi et je la néglige.

– Que t’ai-je déjà dit à ce sujet?

– Que t’ai-je répondu?

– Comme quoi la vie m’aura donné raison. Tu ne te limites à pas ta sœur, aussi tendrement aimée soit-elle.

– Je ne suis pas d’accord… Je ne suis pas à la hauteur…

– Catherine, si tu t’obstines à porter sur les épaules plus que tu ne peux supporter, il n’y aura bientôt plus un seul arbre dans cette forêt!

Je soupirai, vidai ma tasse et la déposai.

– Merci pour le thé. Je vais suivre ton conseil. Je l’annoncerai au dîner. Pourrais-tu en discuter avec Kalène et Amélia? J’aimerais le faire moi-même, mais Fogerol serait bientôt là. Il vient me présenter les plans terminés.

– Où souhaites-tu le recevoir?

– Je vais aller à sa rencontre.

Elle ne bougea pas. Muette, elle garda le regard fixé sur moi. Je soupirai de nouveau.

– Dans le salon.

Elle s’inclina et prit le plateau.

– Je l’y ferai conduire dès son arrivée.

– Maman?

Sur le pas de la porte, elle se retourna vers moi.

– Que se passera-t-il lorsqu’ils découvriront que je suis un imposteur?

Elle me sourit.

– D’ici-là, peut-être aurais-tu compris ne pas en être un.

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