Dragon Master de Chris Bunch

Dragon Master de Chris Bunch

J’ai hésité sur comment débuté cet article. En ce moment, il y a deux points qui mériteraient d’être mentionnés. Le premier, j’ai terminé l’avant-dernier chapitre de la nouvelle reine. La prochaine fois que je donnerai des nouvelles du second tome du cœur de l’Oealys il sera peut-être question de sa date de sortie. Hourra! Le second, lors de la dernière #GrosseOP, les maisons d’édition avaient dit que ce serait la dernière justement. Si c’est vraiment le cas et bien j’arrive au terme de la folie que ça a provoqué sur ma pile de livres à lire! Il ne me reste plus qu’un seul titre et j’aurai terminé. Mais quand on y pense, l’un et l’autre des sujets ne concernent guère Dragon Master de Chris Bunch. Et puisque je viens de lire cette trilogie, je vous en parle!

Dragon Master, tome 1: Les Ailes de l'orage
Synopsis tome 1 : Les Ailes de l’orage

Depuis son enfance, Hal Kailas rêvait de voler sur un dragon. La guerre lui offrira cette chance. Mais, utiliser des dragonniers est une nouveauté. L’armée ne sait ni trop comment les entraîner ou ni comment s’en servir. Pourtant, quand l’ennemi fait la même chose, c’est une arme dont il faut tenir compte.

Dragon Master, tome 2: L'Ordre du dragon
Synopsis tome 2 : L’Ordre du dragon

Hal est devenu maître dragonnier. Il est désormais à la tête du premier escadron de dragons… Ou ce qui en tiendra lieu quand ils ont recruté assez de volontaires. Son inventivité a permis aux dragonniers de se tailler un rôle plus riche, et plus mortel, au sein de l’armée. Pour la Deraine et Sagène ce n’est pas plus mal. Car ils sont décidés à passer à l’offensive et mettre fin à cette guerre.

Dragon Master, tome 3: La Dernière bataille
Synopsis tome 3 : La Dernière bataille

La guerre est terminée. Les trois pays pansent leurs plaies. Et Hal ne sait plus où est sa place. Plus rien ne va dans son mariage, il découvre que Khiri a pris un amant. Il ne se sent pas chez lui sur les terres que lui a données le roi et il découvre très vite qu’il n’est pas fait pour être mercenaire. La seule chose qui l’intéresse encore un peu, ce sont les dragons. Les dragons qui ont été abandonnés après la guerre. Les dragons qui s’échouent mourants venant d’une terre étrangère. Et si pour les aider, il fallait se rendre là-bas? Découvrir d’où proviennent les dragons et pourquoi?

Mon avis

Je vais être honnête, cette trilogie n’est pas la plus simple à critiquer. Il y a beaucoup de oui, mais… et j’ai du mal à voir comment la débuter. Par le commencement, d’aucuns diraient…

Vous l’aurez compris, Dragon Master de Chris Bunch c’est l’histoire d’une guerre. À mon sens, dans ce genre d’histoires, il y a deux grands stéréotypes. Soit l’auteur sacrifie un peu d’actions pour enrichir les personnages et le contexte, au risque de perdre le rythme, soit il ne mise que sur les combats, et ça peut devenir un peu pauvre et lassant s’il n’est pas doué. Dans ce cas-ci, Chris Bunch a choisi une autre voie, à mi-chemin entre les deux. Ça s’atténue un peu dans le tome 2, mais dans le premier c’est particulièrement flagrant. Chaque chapitre est une anecdote. Très bien écrite, elle prend le temps développer les personnages, de bien nous décrire le contexte. Puis, une fois qu’elle est finie, on passe à la suivante. D’un côté, ça permet de raconter plusieurs années dans un livre de taille raisonnable et il n’y a pas de temps mort. De l’autre, il n’y a pas de lien entre elles. L’histoire ne coule pas naturellement d’un chapitre à l’autre. L’escarmouche est terminée, son escadrille est morte. C’est triste. Bon… C’est fini… Page suivante, 3 mois plus tard, il en est là pour ça… C’est ce qui a fait que même si la trilogie est très bonne, je n’ai pas réussi à y accrocher. À la limite, j’aurais presque eu l’impression de lire une série de nouvelles en ordre chronologique.

Dans la biographie de Chris Bunch, il est dit qu’il a servi au Vietnam. En lisant Dragon Master, j’en suis venue à me demander s’il ne l’avait pas écrit pour s’exorciser de quelques frustrations. Systématiquement, chaque défaite dans l’histoire est due à la stupidité du chef, chaque fois! Il n’y a pas un coup de mal chance ou l’ennemi qui a eu une meilleure stratégie, non! Le commandant du moment s’est comporté comme un crétin. C’est à se poser des questions sur l’intelligence de l’armée. Les grades s’obtiennent-ils dans des pochettes-surprises? À l’exception de Hal et d’un autre personnage, il va s’en dire. Puis, je sais bien que l’obéissance prime au sein de l’armée, mais quand tout ce que tes chefs font c’est d’envoyer les soldats à la boucherie, en ayant heureusement la bonne idée d’en mourir eux-mêmes, ce ne serait pas une bonne idée par hasard de dire stop à un moment ou à un autre? Non… là… Ils se sont contentés de se réjouir qu’à la fin de la guerre tous les idiots étaient morts. Chouette! Ils ont amené des millions de personnes avec eux. Ne pas leur donner le commandement n’aurait pas été mieux d’abord?! Cela étant, quand on pense au fiasco qu’a été le Vietnam pour les US, ceci explique peut-être cela.

Dès le premier tome, on s’interroge d’où viennent les dragons et pourquoi. Ils ne seraient apparus qu’environ 2 siècles plutôt. C’est un petit mystère qui plane, et qui est très mal utilisé. C’est là-dessus que se focalise le 3e tome et, sincèrement, je trouve que ça arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. Pour commencer, on fait table rase. Hal n’a plus de but, plus de femme et il a même réussi à se rendre un peu indésirable. Donc, comme il n’a pas mieux à faire allons résoudre ce mystère qui au final… N’apporte rien de vraiment intéressant à l’histoire. La guerre était finie, nous avions une conclusion à peu près heureuse et ce dernier tome arrive comme un ajout superflu alors qu’avec les indices il devait avoir été prévu. Franchement, c’est dommage.

En conclusion, c’est une bonne histoire, mais où tous les éléments originaux ont été sous-exploités. Hal sauve un dragonnet enfant. C’est là que naît son désir de voler. Je m’étais imaginé qu’il le retrouverait ou du moins que ce serait l’augure d’un talent particulier de dragonnier. Rien de tout ça. Il l’a fait c’est tout. Il l’aurait regardé volé, ça aurait donné un résultat similaire. Au final, les dragons ne sont que de grosses montures qui volent. Et quand l’auteur leur prête plus d’intelligence, vu la manière dont ils sont capturés pour être domestiqué, c’est pire. Bref, Dragon Master de Chris Bunch est un récit guerrier avec un soupçon de magie, rien de plus, rien de moins. Si c’est votre genre de lecture, laissez-vous tenter, vous pourriez aimer.

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