L’héritier du Dalaras de L.R. Roy

L’héritier du Dalaras de L.R. Roy

Les journées raccourcissent. Avec cette crise sanitaire mondiale, je n’ai presque pas mis le nez dehors depuis des mois. Je suis restée chez moi à l’air climatisé et j’ai à peine vu cet été venir et nous filer entre les doigts. Le temps passe si vite! Tellement vite que pour la première fois, je suis vraiment très, très, très limite dans le traitement de l’un de mes services presse! Il n’empêche, je viens de terminer L’héritier du Dalaras de L.R. Roy et en remerciant l’auteur de sa confiance, je vous en parle!

L’héritier du Dalaras de L.R. Roy
Synopsis

Nirader était une petite ville frontalière sans prétention. Elle n’avait en elle-même aucun intérêt particulier. Alors pourquoi les hasgorns l’avaient-ils attaquée? Comment avaient-ils pu en arriver là, après des générations de paix depuis la fin de la grande guerre? Parce que le secret du trésor dissimulé dans le temple, l’Arche de la Vie, a été découvert. Cette bataille est perdue. Tous les efforts qu’a fournis Aléane, la gardienne de l’Arche de la Vie, pour revenir au temple, en compagnie d’un étranger croisé dans les rues, ne suffiront pas à la protéger. Il leur faut fuir, rester en vie, afin de pouvoir la récupérer plus tard. Cet artéfact est trop puissant. Si puissant qu’aucune main n’est assez bonne pour le détenir. Alors, imaginez si de mauvaises mains arrivaient à s’en servir…

Mon avis

Pour écrire un livre, le talent et l’imagination ne suffisent pas. On apprend à écrire en écrivant. Je sais c’est une évidence et, autant le dire tout de suite, j’ai quelques autres petites phrases toutes faites en réserve pour cet article. À moins qu’un auteur ne soit vraiment pas doué ou très borné, avec le temps il finit par appréhender le concept du montrer et dire. Lorsque l’on montre quelque chose, il n’est pas utile de le dire en plus. (Je vous avais prévenus que j’avais d’autres petites phrases simplistes!) C’est facile à dire, mais ce n’est pas si simple à mettre en pratique.

Hélas, en commençant à lire L’héritier du Dalaras de L.R. Roy, j’ai pu constater que ce précepte n’était pas vraiment maîtrisé. Puis il y avait un excès de petits détails. À moins qu’il y ait une raison particulière ou que ça ajoute quelque chose à l’histoire, je m’en fiche de savoir qu’un personnage a ouvert la porte avec sa main droite! Il l’a ouvert et c’est tout ce qui importe! Et à cela s’ajoutaient des descriptions très poétiques. Je n’ai rien contre cela en général, en particulier quand c’est bien dosé, mais additionné au reste ça donnait une lecture assez lourde. Comprenez-moi. Je ne dis pas que c’était mauvais ou mal écrit. D’après ce que j’en sais, il s’agit du premier livre de cet auteur et l’ensemble me donnait l’impression d’une plume très prometteuse qui avait un grand potentiel à exploiter. Je me suis mise dans l’état d’esprit de regarder au-delà pour tenter de me faire une opinion la plus objective possible et j’ai continué à lire.

Comme j’ai dit, on apprend à écrire en écrivant et il peut être intéressant de regarder l’évolution d’un auteur d’une œuvre à l’autre. Par contre, c’est la première fois que je peux autant le faire au cours d’un même livre! Vers la moitié du livre, je me suis aperçue que la plume s’était affinée, l’écriture était devenue beaucoup plus fluide, et de ce fait plus addictive. Les points négatifs que j’avais notés n’étaient plus là! Comme quoi j’avais raison quant au potentiel de l’auteur, je n’avais juste pas prévu qu’il s’épanouirait aussi vite! Autant dire que c’est à partir de ce moment que je n’ai plus eu à m’accrocher pour lire l’histoire et que c’est plutôt elle qui m’a retenue captive.

Qu’en est-il de l’histoire de L’héritier du Dalaras de L.R. Roy d’ailleurs? Exceptionnellement, j’ai commencé par parler de l’écriture de l’auteur parce qu’en l’occurrence, ça joue sur le reste. On dit qu’à partir du moment où un livre est publié, il n’appartient plus à l’auteur, il revient au lecteur. Peu importe le talent dont aura fait preuve l’auteur pour partager son univers, sa compréhension et son appréciation dépendront de l’imagination du lecteur, de lui. Dans un premier temps, le récit m’avait semblé être du déjà-vu raconté de manière intéressante. Les faiblesses décrites plus haut ne m’avaient pas permis de bien saisir le message qui m’était transmis. Certains rebondissements m’apparaissaient comment trop facile, alors que d’autres qui auraient dû être très simples me semblaient avoir été complexifiés à l’extrême. Ce n’est que dans la seconde moitié que j’ai pu en percevoir toute la richesse, y compris en regardant en arrière.

Un artéfact convoité, des gens pour le protéger, une guerre qui en découle. Ce n’est pas nouveau. Toutefois, il y a plus que cela et la créativité de l’auteur se dévoile dans les détails. Quelque part, l’Arche de la Vie est plus une excuse que le but à atteindre. Au fil des pages on découvre la richesse du monde que L.R Roy a créé, son passé, ses conflits, ses enjeux, comment une personne malveillante peut corrompre un dirigeant qui n’était pas mauvais en soi. C’est une histoire où l’action nous tient en haleine. Dès la première page, on rencontre Aléane avec une épée à la main, c’est peu dire. Pourtant, elle sait laisser place à de la romance et un aspect un peu plus psychologique. Au risque de me répéter, c’est surtout dans la seconde moitié que ces trois éléments trouveront un bon équilibre.

Les personnages, pour leur part, m’ont d’abord fait craindre d’être un peu cliché, mais ça n’a pas duré. Bon, il est vrai que les elfes et le nain correspondent assez bien au stéréotype de leur race, mais ce n’est pas un problème en soi. À quoi bon utiliser ce genre de races si on ne les reconnaît pas! Le principal est que chaque personnage a sa personnalité bien campée. Ils ne sont pas fades, ni superficiels, et chacun possède un humour qui lui ait propre. J’ai eu l’impression qu’à partir d’un certain moment, L.R Roy s’était bien amusé à les faire interagir entre eux et ce plaisir, il avait su me le partager.

En résumé, L’héritier du Dalaras de L.R. Roy est une œuvre inégale. Mais, pour peu qu’on s’accroche pour dépasser le début un peu plus ardu, on découvre un petit bijou qui en vaut la peine et qui vous fera passer un très bon moment. Et tout cela me rend très curieuse de découvrir à quoi pourrait ressembler le prochain livre de cet auteur.

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