Faërie de Raymond E. Feist

Faërie de Raymond E. Feist

Raymond E. Feist est par défaut associé à son univers de Midkemia. La quasi-totalité de ses écrits s’y déroule. Néanmoins, dans mon énorme intégral d’intégrales, il y a 2 livres qui n’ont rien à voir avec le reste. Je vous parlerai du second la prochaine fois, et je dirai adieu du même coup à ce long voyage dans l’imaginaire de cet auteur. Pour l’heure, penchons-nous sur ma dernière lecture, Faërie de Raymond E. Feist et voyons ce qu’il en est!

Faërie de Raymond E. Feist
Synopsis

La vieille ferme isolée dans les bois les avait séduits. La maison était splendide et étrange. Phil et Gloria pensaient y trouver le calme après la vie agitée d’Hollywood.

Mais, derrière les portes des maisons anciennes, sous les ponts perdus au fond des bois, se cachent souvent des êtres magiques, des forces obscures, et la maison du vieux Kessler ne fait pas exception.

Les enfants du couple sont les premiers à y être sensibles. D’abord les jumeaux, qui y voient la présence des fées et du vieux peuple des légendes ; ensuite leur fille, dont la beauté attise le désir d’êtres plus inquiétants…

Jusqu’à ce qu’ils deviennent tous les jouets de puissances inconnues, des pions dans une guerre éternelle et sanglante…

Avis

Cette critique est particulière. Pourquoi? Parce que ma première impression sur Faërie de Raymond E. Feist ne concerne ni l’intrigue, ni l’histoire, ni les personnages, ni la plume de l’auteur. Euh… d’accord… Il s’agit d’un livre! Alors, que reste-t-il? Je le résumerai en un mot : vieux.

Ce qu’il faut savoir, c’est que Faërie de Raymond E. Feist se déroule dans une petite ville perdue de l’état de New York. Contrairement aux autres livres de cet auteur dont j’ai déjà parlé, il ne s’agit donc pas d’un univers imaginaire. Nous avons ici un roman fantastique contemporain… qui a vieilli plus ou moins bien. Bon d’accord, qui a surtout vieilli. La postface est datée de 1987. Je rédige cet article sur une tablette Android avec clavier aimanté. Alors s’il est question d’un ordinateur avec disquette pour faire du traitement de texte comme d’une grande innovation, ça donne de quoi rire. Une grosse antenne parabolique qu’on oriente pour trouver des chaînes à la télé. Se demander si on ne devrait pas s’offrir le luxe d’un répondeur parce que lorsqu’on s’absente de la maison les enfants ne répondent pas au téléphone ou prenne mal les messages. Etc… Ça me rappelle une époque lointaine et que les choses ont beaucoup évoluées en 35 ans.

Vous me direz, avec raison, ce n’est pas si loin. Des livres ont eu des cadres historiques beaucoup anciens. Ce n’est pas faux. Sauf que… le style et le langage de l’auteur, cette nécessité de plonger son lectorat dans une époque qu’il ne connaît pas nécessairement, tout cela crée un certain décalage et une forme d’intemporalité. Là, Raymond E. Feist  parle de ce qu’il connaît à des gens qui n’ont pas besoin d’explications et le comprenne. Il en ressort cette impression de vieux qui m’a distraite durant toute ma lecture. Heureusement, ça ne l’a pas gâchée.

C’eut été dommage, car le concept derrière Faërie de Raymond E. Feist est intéressant. S’inspirant Du songe d’une nuit d’été, il revisite d’anciennes légendes irlandaises et écossaises. C’est d’autant plus intéressant qu’il aborde le sujet d’une manière plus fantastique que fantasy, plus courant, alors que pourtant, il se base sur des superstitions réelles. Pour ceux qui l’ignoreraient et pour s’assurer qu’on parle tous de la même chose, sachez que la différence entre les deux tient uniquement dans l’angle d’approche. Pour faire un résumé très grossier, dans le fantastique, les créatures surnaturelles sont un élément perturbateur parce qu’ils ne sont pas censés exister. Alors que le fantasy les intègre dans son univers. Dans ce cas-ci, qui porterait foi à de vieux contes pour enfants!

Toutes pièces à son revers. C’est vrai, je ne lis pas assez de fantastique et c’est l’une des raisons pour laquelle Faërie de Raymond E. Feist m’a plu. Sauf que… Eh bien… Comment s’identifier à un passé révolu? J’ai eu un peu de mal à embarquer dans l’histoire. Il a fallu le temps que le côté fantastique se mette en place. Quelque part, je ne trouve pas cela étonnant. Relire ce que j’ai écrit plus haut. À l’époque, je me serais reconnue et j’aurais envié l’ordinateur et l’antenne. Aujourd’hui… je me faisais ces réflexions plutôt que de m’immerger dans le récit. Enfin, cet obstacle surmonté, j’ai beaucoup apprécié de découvrir sa version du « peuple des fées », à la fois originale et classique.

Dans mes critiques sur l’univers de Midkemia, j’avais relevé que Raymond E. Feist était plus doué avec les personnages masculins que féminins. Dans Faêrie, c’est aussi vrai, mais… ça vient avec un bémol. Dans l’absolu, Gloria, Aggie et Gabbie ne sont pas si mal. Elles ne sont pas aussi élaborées et attachantes que les jumeaux, loin de là, mais elles ne sont pas si mal. La question qui se pose est : Est-ce que l’auteur a vraiment des difficultés à bien rendre les personnages féminins ou est-ce qu’il s’agit d’une question de mentalité? Pourraient-elles être plus fades juste parce que la manière de voir les femmes a beaucoup évolué depuis la sortie de ce livre et non pour des raisons de manque de talent ou de mauvaises intentions? Ah lala, on en revient encore et toujours à ce que j’ai dit d’entrée de jeu. Je vous laisserai vous faire votre propre opinion. N’hésitez pas à la partager!

Il y a peu de choses à rajouter à propos des personnages qui n’ait déjà été dit à maintes reprises. Et il en va de même pour la plume de l’auteur. Faërie de Raymond E. Feist ne dément pas ses précédents livres. Il est tout aussi bien écrit et c’était un plaisir de le lire.

En résumé, ce n’était pas le but à l’origine, mais j’ai fait une petite plongée dans le passé distrayante, dans tous les sens du terme. Cela dit, cette version du « Bon Peuple », cette façon d’amener de vieilles légendes européennes en sol américain était une belle découverte. J’ai beaucoup apprécié cette lecture et je vous la recommande.

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