Maemorya, Les harpes de vie, tome 1 : L’Initiation de Chris-Mary Day

Maemorya, Les harpes de vie, tome 1 : L’Initiation de Chris-Mary Day

Entre 2 plongées en style libre dans ma pile de livres à lire, à la redécouverte de séries avant d’en connaître la suite, en service presse, j’ai lu Maemorya, Les harpes de vie, tome 1 : L’Initiation de Chris-Mary Day. En remerciant l’auteure de sa confiance, je vous en parle!

Maemorya, Les harpes de vie, tome 1 : L’Initiation de Chris-Mary Day
Synopsis

Eloïne Morgenstern était une femme ordinaire, avec une vie des plus banale. Éveillante, elle travaillait à instruire les jeunes enfants d’un noble. Elle se plaisait à leur transmettre ce qu’elle aurait voulu partager avec ceux qu’elle n’a pas eus avec son époux, trop souvent absent à cause de son travail. Et voilà que tout bascule. Elle fait une rencontre étrange, perd son emploi dans la foulée, se retrouve devant un avenir incertain et découvre qu’elle est peut-être plus que ce qu’elle semblait être. Entraînée malgré elle au cœur d’une lutte de pouvoir fratricide entre deux organisations, saura-t-elle être la lumière que les uns attendaient?

Mon avis

Je commencerai par ma première impression. On apprend d’emblée que la langue dans le monde où se déroule l’histoire de Maemorya, Les harpes de vie, tome 1 : L’Initiation de Chris-Mary Day est un dérivé du français et qu’un lexique se trouve à la fin du livre. C’est bien amené. C’est rédigé comme la présentation d’un cours de langue ancienne dans un futur lointain. Rien à y redire. Le français étant une langue vivante, qu’elle ait évoluée me semble cohérent. Jusque-là tout va bien. Dans la littérature fantasy, l’ajout de certains termes peut contribuer à créer une ambiance. C’est souvent des unités de mesure, quelque chose de très ciblé ou qui n’existe que dans cet univers. Là où ça devient problématique, comme dans ce cas-ci, c’est lorsque cela s’étend à des termes plus basiques, de manière aléatoire. Pourquoi le mot cuisine a changé, mais pas celui de salon? Pourquoi y a-t-il un autre terme pour désigner les routes et les rues, mais les chemins et les sentes sont toujours désignés de la même manière? Pourquoi tout cela alors que la tournure des phrases est, elle, très contemporaine?

Bon, il y a un début de réponse très simple, si le concept avait été poussé jusqu’au bout, en tant que lecteur, on ne comprendrait plus rien. Mais justement, même lorsque logiquement on sait qu’ils ne parlent pas notre langue, ou du moins tel qu’on la connaît, immergé dans l’histoire, on prend pour acquis qu’on saisit tout. Les termes bien choisis vont favoriser ce sentiment d’être ailleurs sans qu’on se pose de questions. Si ça va trop loin, si cela dépasse un certain point de bascule, l’illusion est brisée et ça devient un peu dérageant. Heureusement, comme c’est bien écrit, ça aide à mieux faire passer ces quelques grains de sable dans les rouages. Enfin… Ce n’est pas si simple…

Bon, je ne vais pas continuer en me contredisant, oui Chris-Mary Day écrit bien. Elle a une belle plume, fluide et poétique… Mais qui a un grand besoin d’être affûtée. Il y manque de la subtilité, de sous-entendu. D’en dire moins afin d’en montrer plus. En soi, ce n’est pas si grave. L’expérience, contrairement au talent, est quelque chose qui se corrige assez facilement, avec du temps et du travail. Si déjà elle écrit bien, imaginez ce que ce sera lorsqu’elle l’aura acquis! En attendant, je dois juger de ce que j’ai entre les mains et l’hypothèse que j’émets est la plus positive et prometteuse.

Un livre, c’est magique. Avec quelques mots sur des pages, avec 26 notes,  un auteur compose des symphonies d’univers et d’existences. Un peu d’encre sur du papier. C’est le lien ténu entre lui et son lectorat. Son efficacité dépendra certes des goûts et des affinités, mais aussi du succès à transmettre le message tel qu’imaginé. Selon moi, c’est là où le bât blesse dans Maemorya, Les harpes de vie, tome 1 : L’Initiation de Chris-Mary Day.

Si j’analyse objectivement ce livre, je dirai que l’histoire est intéressante. On se retrouve dans un mélange de fantasy, de dystopie et de science-fiction. L’univers est bien pensé. On voit des échos de ce qui était, ce que c’est devenu, ce que l’Histoire en a retenu. Il y a cette lutte entre l’ombre et la lumière, un classique, mais efficace. En opposition avec le matérialisme de ce qu’ils appellent l’ère des fous, l’intrigue apporte de la spiritualité en misant sur l’humain, sur l’exploitation de son plein potentiel. L’héroïne est douce, empathique, généreuse, peu sûre d’elle et courageuse. Vu ainsi, Maemorya, Les harpes de vie, tome 1 : L’Initiation de Chris-Mary Day est plutôt prometteur, n’est-ce pas?

Hélas, ce n’est pas l’impression que cela m’a donné. C’est une chose de décortiquer froidement un récit et le ressenti que l’on en a. Dans une scène, Eloïne reprend contenance 2 fois. Dans une autre, pour sortir d’une foule et se présenter à l’arrière d’une tente, elle s’arrête 4 fois parce que, et elle le dit explicitement, elle a peur. Durant tout le trajet, elle se noie dans ses angoisses, ses doutes et son introspection qui tourne en boucle sans fin. Ce ne sont que 2 exemples, mais qui montre assez bien pourquoi elle m’a semblé sotte, geignarde et incapable de faire quoique ce soit sans en faire un drame. Je peux sembler dure, mais j’accompagnerai cela d’un terrible : Dommage.

Sur papier, tous les personnages de Maemorya, Les harpes de vie, tome 1 : L’Initiation de Chris-Mary Day semble être bien réfléchis et riches. Ils auraient tout pour être attachants. Les 2 scènes dont j’ai parlé, dans l’absolu, collent bien avec la personnalité d’Eloïne. Elles ne sont simplement pas mises en valeur, parce que… et bien, relisez un peu plus haut ce que j’ai dit à propos de la plume de l’auteure. Cela dit, la subjectivité est quelque chose de très personnel. Peut-être vous reconnaitrez vous dans le mode de pensée de Chris-Mary Day et dans ce cas, vous découvrirez dans ce livre plus de points positif que de failles, car il n’en manque pas.

En résumé, Maemorya, Les harpes de vie, tome 1 : L’Initiation de Chris-Mary Day est son premier livre. À mon avis, il aurait besoin d’encore un peu de travail. L’intrigue est bonne, les personnages intéressants, ils ont juste besoin d’être peaufinés. Cela dit, si son style vous rejoint, vous pourriez faire là une agréable découverte.

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